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de Beauvoir sur Berlin

de La force de l’âge

Pour un visiteur superficiel, Berlin ne semblait pas accablée par une dictature. Les rues étaient animées et joyeuses; leur laideur m’étonna; j’avais aimé celles de Londres et je n’imaginais pas que des maisons puissent être laides, un seul quartier échappait à cette disgrâce: une sort de cité-jardin récemment construite dans la périphérique et qu’on appelait “la case de l’oncle Tom”. Le nazisme avait aussi édifié en banlieue des cités ouvrières, assez confortables, mais qu’habitaient en fait des petits-bourgeois. Du Kurfürstendamm à Alexanderplatz, nous nous promenions beaucoup. Il faisait très froid, -15; nous marchions vite, et nous multipliions les haltes. Les konditorei me déplaisaient, elles ressemblaient à des salons de thé; mais je trouvais confortables les brasseries aux tables massives, aux odeurs épaisses. Nous y déjeunions souvent. J’aimais bien la grasse cuisine allemande, le chou rouge et le porc fumé, les bauernfrühstück. J’appréciai mois le gibier à la confiture, les plats inondés de crème qu*on servait dans les restaurants plus raffinés.

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